Exposition « So long Berlin », Mars 2017

L’exposition « So Long, Berlin » s’est tenue du 2 au 6 mars au Studio 17, 5 rue Lebouteux à Paris.

Elle est composée uniquement de diptyques où couleurs, structures et géométries se complètent comme les réminiscences stigmatiques des deux Allemagne avant la réunification.

Chaque pièce est en tirage limité à 16 unités et livrée en caisse américaine.

 

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Extraits de l’interview donnée pour la vidéo de présentation de l’exposition « A Frenchman in New York »

Tout d’abord, pourquoi New York ?

Sébastien Pannelier : Il y a sans aucun doute une dimension symbolique à vouloir commencer un nouveau cycle à New York. Je ne suis pas le premier à m’en aller là-bas avec des envies de renouveau ! Consciemment je voulais retrouver certains lieux, certaines atmosphères, inconsciemment je cherchais certainement ce sentiment de liberté  et l’énergie créative que la ville confère à ceux qui en battent le pavé.

Quel matériel as-tu utilisé pour cette série ?

Sébastien Pannelier : J’ai utilisé deux appareils. Pour le numérique un Canon 5D Mark III qui est incroyable pour les basses lumières avec un velouté et une justesse formidables.  Je lui adjoins pour l’architecture une focale fixe 24mm à décentrement qui ouvre à f/3.5. J’utilise pour le reportage un téléobjectif le 24-70mm f/2.8L II USM, c’est ma clef à molette. Pour les portraits j’utilise un objectif macro 100mm qui ouvre à f/2.8 dont j’adore le piqué. Pour l’argentique c’est plus amusant, j’ai emmené partout avec moi un moyen format, un des tout premiers Semflex qui date de la fin des années  40. C’est un 70mm avec visée sur un verre dépoli par le haut. Il appartenait à mon grand-père.  J’ai pour lui une tendresse particulière, il me fait appréhender le cadrage et la lumière d’une autre façon. Ses petits défauts, fuites de lumière, flare de l’objectif, offrent un aléa de rendu qui rend chaque photo unique. Cet appareil me rappelle que la photographie est une suite d’approximations.

Une belle image n’est pas une carte au 1/unième. Mettre de la poésie dans une image c’est parfois préférer du grain à une ligne droite bien nette et laisser l’imagination relier les points.  Les prises de vue avec cet appareil sont un contre-point important dans mon travail. Les photos du Semflex sont, agrandies par tirage argentique classique sans aucune retouche. Je laisse même parfois apparent les bords de la pellicule.  Pour la série New York j’ai travaillé uniquement en noir et blanc avec des pellicules Ilford de différentes sensibilités.

Y-a-t’il des photos que tu as manquées ?

Sébastien Pannelier : OUI ! Bien malgré moi ! J’avais réussi à avoir un billet pour l’observatoire du One Trade Center, c’était le lendemain de l’ouverture au public, j’avais choisi le créneau horaire du couché de soleil.  Je pars donc pour le financial district armé jusqu’aux dents et il se met à pleuvoir à verses, le seul et unique jour de pluie de mon séjour. Visibilté 0. Comme j’avais tout mon attirail photo et qu’il y a certes trop de taxis à New York en pleine journée mais jamais assez dès qu’il pleut, j’ai du m’abriter en hâte dans un bar assez destroy ou j’ai épongé ma tristesse à grands coups de margaritas  et fait une belle photo de leurs toilettes « Plan B » qui fait d’ailleurs partie de l’exposition.

Quelle est ta photo favorite ?

Sébastien Pannelier : Je n’ai pas de photo « favorite » à proprement parler. En revanche j’ai un penchant affectif pour certaines qui ont trait à la condition de la prise de vue. Celle qui s’appelle « Love » est un beau souvenir. Il y avait ce couple tellement amoureux que j’avais des scrupules à les déranger. Mais leur joie était tellement rayonnante qu’au fond elle invitait au partage. Ils étaient si beaux tous les deux. Je ne veux pas trop dévoiler de leur intimité ici, mais ils se retrouvaient tous les 12 à 18 mois, et il s’agissait de leurs premières heures ensemble. Les regarder faisait du bien. Je me le rappelle et cela me fait encore sourire aujourd’hui.

Pas de photo de la Statue de la Liberté, est-ce un choix délibéré dans une exposition sur New York ?

Sébastien Pannelier : Alors si, en fait, il y a une photo de la Statue de la Liberté : « Landscape ». On l’aperçoit en silhouette au fond de la photo qui a été prise depuis Brooklyn, et c’est en effet délibéré qu’elle ne soit qu’un élément de décor dans l’arrière-plan du paysage d’où, d’ailleurs, le nom de la photo. On se figure à tort quand on ne l’a encore jamais vue en vrai, que la Statue de la Liberté est immense. Je me souviens lorsque je regardais Ghostbusters 2 étant enfant. Il y avait cette scène où la Statue de la Liberté marche dans Manhattan. La scène filmée en contre-plongée fait paraitre la Statue immense. On l’apparente inévitablement à notre Tour Eiffel qui dépasse tous les autres bâtiments de Paris et illumine la capitale depuis son cœur. Or en fait, la Statue de la liberté est, relativement aux gratte-ciels de New York, toute petite, et isolée sur l’eau sur Liberty Island, loin du centre de Manhattan. La Statue de la Liberté fait moins de 100m de haut, et la moitié de cela si on lui retire son socle. En comparaison l’Empire State fait plus de 400m de haut, en fait près de 9 fois la Statue de la Liberté. Elle est petite dans mes souvenirs et dans le paysage New Yorkais, je voulais lui donner aussi cette place en tant que monument, mais pas en tant qu’image, dans l’exposition.

Quel sentiment souhaiterais-tu laisser aux gens qui viendront voir l’exposition ?

Sébastien Pannelier : A ceux qui ne sont encore jamais allés à New York et qui aimeraient s’y rendre, j’espère leur transmettre l’envie d’aller y mesurer leurs références d’européens. A ceux qui s’y sont déjà rendus, j’espère leur avoir rappelé certains souvenirs, certaines émotions qu’ils auraient connues là-bas. A ceux qui n’y iront jamais enfin j’espère les avoir fait voyager avec moi, respirer l’air des rues et des avenues au gré des photos que j’ai pris tant de plaisir et de soin à saisir et à choisir pour cette exposition.

Exposition « A Frenchman in New York »

« Cher(e) internaute,

 

« Arrachez-moi le coeur, vous y verrez Paris » disait Aragon. Je tenais pour commencer, à témoigner mon soutien à la France et en particulier aux parisiens dans ces épreuves.

Parce qu’il est important d’avancer malgré tout,  je vous convie à mon exposition « A Frenchman in New York » qui aura lieu à la Galerie de Marmont, 4 avenue de Chanzy 94210 à Saint Maur, du 21 décembre 2015 au 4 janvier 2016.

Je serai présent au vernissage qui aura lieu le Lundi 21 décembre à partir de 19h. Nous y aurons, je l’espère, l’occasion de trinquer ensemble à une année 2016 plus souriante.

J’ai mis toute mon énergie dans cette exposition, en tâchant de saisir dans  mes images, l’énergie qu’on reçoit en battant le pavé de New York. J’ai entrepris ce voyage en juin dernier, en vue de réaliser cette série. Vous étiez un peu avec moi outre-Atlantique car chaque cliché portait la promesse de pouvoir peut-être, un jour, être partagé avec vous.

Sans trop vous dévoiler le contenu, je peux vous dire qu’il y aura de grands formats, des triptyques/diptyques, des impressions sur métal, sous plexi, des photographies argentiques au moyen format, ou des prises de vue vertigineuses à l’objectif à décentrement. Les méthodes anciennes côtoient les plus modernes, le fil rouge étant de transmettre les émotions qui m’ont étreint en tant que français.

Plusieurs photographies seront en vente à cette occasion dans des formats variés avec la possibilité d’acquérir les œuvres encadrées ou brutes.

Dans une actualité lourde d’émotion, je serai heureux de pouvoir vous rencontrer et de vous rapporter les anecdotes qui ont donné leur place à chaque image choisie pour cette exposition.

Prenez soin de vous,


Sébastien. »